1667
La Révolution
Le Consulat et l'Empire
De la Restauration au second Empire
La troisième République et la marche vers une police moderne
Eléments de bibliographie


Historique de la police nationale :

Jusqu'en 1667, la police n'est que le corollaire du droit de justice. Les fonctions de police sont éparpillées à l'image de la justice d'Ancien Régime entre autorités de toutes natures et de tous niveaux, totalement inefficaces. Paris, ville énorme pour l'époque avec près de 500 000 habitants, est peu sûre.
Les campagnes sont un peu moins défavorisées. C'est le domaine de la maréchaussée. Cette dernière trouve son origine au 15ème siècle sous forme d'une justice et d'une police militaire attachées au maréchal, chef des armées. C'est le prévôt des maréchaux qui au départ n'a compétence que sur les gens de guerre. A partir de 1522, elle devient police générale des campagnes.

1667

L'édit royal de mars 1667 marque la création de l'institution policière avec la séparation des fonctions de justice et de police (jugées trop importantes pour être exercées par un seul homme) et la création de la charge de lieutenant de police (lieutenant général de police en 1674). Le premier lieutenant de police est Nicolas de la Reynie. Sa mission: assurer la sécurité et la salubrité de la ville de Paris.
Ses adjoints, les commissaires au Châtelet, commissaires de police avant la lettre sont responsables chacun d'un quartier de Paris. Les forces d'exécution sont celles existant déjà: huissiers, exempts, sergents du Châtelet, La Reyniemaréchaussée d'Ile-de-France. Sa première grande action policière est la réduction de la dernière « cour des miracles » de Paris où les bandits chevronnés côtoient quelque 30 000 mendiants. Il restera en fonction pendant 30 ans.
Le   lieutenant   général   de police est le véritable ancêtre du préfet de police de Paris. En 1699, l'institution qui a fait ses   preuves   à   Paris   est étendue   à   l'ensemble   du royaume. Des lieutenants de police sont institués dans toutes les villes importantes. Ils sont assistés de commissaires de police, secondés à partir de 1708 d'inspecteurs de police.
Des cours étrangères viennent chercher à Paris un exemple d'organisation pour leur police.



La Révolution

La nuit du 4 août 1789, l'abolition des privilèges et la suppression de la vénalité des charges et des offices, font disparaître toutes les institutions de l'Ancien Régime.
La police devient municipale sous l'autorité de maires élus. Les commissaires de police sont également élus. Mais le système mis en place est emporté dans la tourmente révolutionnaire. Le maintien de l'ordre lui échappe totalement.
Les massacres de septembre 1792 font plus de 1000 victimes sans qu'elle puisse intervenir.

Le grand banditisme, né de la crise économique et sociale se développe au lendemain de la Révolution.
La nécessité d'avoir une police et une justice efficace se fait de plus en plus sentir.

Le Directoire qui marque la fin de l'expérience révolutionnaire se dote d'un ministère de la police générale.
Avec le code de brumaire an IV (1796) c'est la naissance de la police judiciaire.
Il dispose : "La police judiciaire recherche les délits et les crimes(...), en rassemble les preuves et en livre les auteurs aux tribunaux...".


Le Consulat et l'Empire

Le Consulat remplace le Directoire et le Premier consul, Napoléon Bonaparte, devient l'empereur des français. La police est l'une des premières institutions touchées par la reprise en main générale de l'administration. La loi générale sur l'administration départementale établit 3 régimes pour la police: à Paris, dans les villes, dans les campagnes.
A Paris, création de la préfecture de police. Dubois, le premier préfet de police dirige la police municipale des douze arrondissements.
Le ministère de la police générale, créé quelques mois auparavant est compétent sur tout le pays. Dans les villes de plus de 5000 habitants, un ou plusieurs commisssaires de police selon l'importance de la ville, sont nommés par le gouvernement et dépendent du préfet.
Dans les campagnes la gendarmerie nationale (16/02/1791) bien implantée et populaire est  également sous l'autorité du ministre de la police générale.
Le réseau policier qui s'étend sur la France et sur une partie de l'Europe accroît peu à peu son efficacité.

Un ancien révolutionnaire, Joseph FOUCHE, va marquer de son empreinte le ministère de la police générale de l'Empire. Il a le génie de l'organisation et sait qu'une bonne police passe d'abord par l'information. Il favorise la police secrète, celle du renseignement qu'il appelle haute police et qui est chargée de défendre le régime et l'empereur.
La force d'exécution de la hiérarchie policière demeure la gendarmerie. Les succès de la police impériale, obtenus avec un minimum de contraintes et de violences, renforcent son prestige.



De la Restauration au second Empire

Après la chute du premier Empire, la précarité des régimes politiques troublés qui lui succèdent : Restauration, Monarchie de Juillet, seconde République, second Empire, incite les régimes à se servir de la police à des fins politiques.
En 1855, Napoléon III fait de la police des chemins de fer, un service original qui deviendra les renseignements généraux, météo politique de tous les gouvernements qui suivront. Il place cette police sous le contrôle de la sûreté générale, au début, modeste résurgence du ministère de la police générale.
Mais entre-temps, la police du XIXème siècle a dû s'adapter aux mutations technologiques  et sociales.  Peu  à  peu, apparaît la nécessité d'un service public de police dans l'intérêt des citoyens et non plus seulement du pouvoir.
En 1829 est créé le corps des sergents de ville dirigés par leurs officiers de paix, sous le contrôle de commissaires dépendants des maires. Ils renforcent la police judiciaire et ont pour but de dissuader, de rassurer et d'agir. L'apparition de cette police très vite populaire parce que familière et rassurante coïncide avec un intérêt nouveau du public pour les affaires judiciaires et pour la police.



La troisième République et la marche vers une police moderne

Elle ramène la stabilité politique pour 70 ans. Mais des problèmes nouveaux apparaissent. Jusque là, les attentats politiques visaient surtout le régime en place. Le terrorisme international (les anarchistes...) fait exploser ses bombes pour faire le maximum de victimes, pour déstabiliser, pour détruire la société. Nul ne doit y échapper, le Président de la République, Sadi Carnot, en est lui-même victime en 1894.

L'urbanisation s'accélère et dans les grandes villes la criminalité c
roît rapidement. En 1907, Clémenceau, Président du Conseil et ministre de l'intérieur, crée les brigades de police mobiles, les fameuses brigades du Tigre, première forme des services régionaux de police judiciaire. Dans le même temps se développe la police scientifique avec Bertillon qui invente l'anthropométrie, puis avec le relevé des empreintes digitales, une découverte de l'anglais Galton.



Cette recherche d'efficacité sera constamment poursuivie par la formation théorique et pratique. Sous l'impulsion d'hommes comme le préfet de police Louis Lépine, les techniques sont adaptées et les matériels modernisés, ce qui permet à la police d'obtenir des succès importants dans la lutte contre le banditisme.

En 1899, après les remous de l'affaire Dreyfus,    un nouveau service de police, la surveillance du territoire (DST), prend en charge le contre-espionnage.


Sous la pression de l'opinion publique qui, à l'occasion de chaque grande affaire, parle de guerre des polices, la troisième République, poursuit l'étatisation de la police amorcée par la seconde République, en transférant aux préfets les pouvoirs de police des maires de plusieurs grandes agglomérations.
Le gouvernement de Vichy, issu de la défaite de juin 1940, fait un pas décisif vers l'étatisation et l'unification de la police. Il met en place une structure très proche de celle qui existe aujourd'hui et crée l'école des commissaires de police à St-Cyr-au-Mont-d'Or.
Pendant l'occupation, la police, soumise au pouvoir en place, se voit contrainte de participer à des opérations auxquelles de nombreux policiers répugnent.










Rafle du vél d'Hiv                                                                                    Rafle de Marseille

Mais en son sein, la résistance à l'occupant s'organise. Une résistance passive, obscure, mais efficace ; une résistance active qui amènera la police à prendre une part décisive à la libération du pays. Avec le   retour de la légalité républicaine, la police est réorganisée ; mais reste le principe d'une police d'Etat pour les villes de plus de 10 000 habitants.

Les groupes mobiles de réserve, créés en avril 1941, deviennent dès décembre 1944 les compagnies républicaines de sécurité.

Depuis, la police poursuit la modernisation de ses moyens et de ses techniques, pour remplir au mieux son rôle de service public.



L'unification de la police s'achève en 1966  avec l'intégration de la préfecture de police de Paris au sein d'un corps unique : la POLICE NATIONALE.


Les femmes dans la police

A partir de 1935, les premières femmes sont recrutées dans des services actifs à Paris en qualité d'assistantes de police. Elles exercent une surveillance de voie publique pour s'occuper d'enfants mineurs. En 1996, elles accèdent au concours d'officier de police adjoint et assistent les inspecteurs de police dans les missions de protection des mineurs.

Au cours des années 1970, les concours de police sont ouverts aux femmes : en 1972 celui d'inspecteur de police, en 1974 celui de commissaire de police et en 1978 celui de gardien de la paix. Elles peuvent alors occuper tous les postes.


Modernisation de la police

Depuis une trentaine d'années, la police nationale poursuit une politique de modernisation de ses moyens et de ses personnels pour lutter contre toutes les formes de criminalité (violences aux personnes, délinquance de voie publique, sécurité routière, lutte contre le terrorisme, immigration clandestine...).











C'est dans cet objectif que la police nationale généralise l'utilisation des technologies de l'information et de la communication, développe les formations initiale et continue de ses effectifs, utilise les progrès de la science dans l'identification des délinquants, améliore l'équipement des policiers (armement, uniforme, véhicules).

Elle s'efforce ainsi de répondre aux attentes de ses concitoyens dans le domaine de la sécurité.

                                                    

Eléments de bibliographie :

Marcel LE CLERE : Histoire de la Police
                          Collection Que sais-je - n° 257 Puf 1973
                          (traite essentiellement de la police parisienne)

Marcel LE CLERE : La Police
                           Collection Que sais-je - n° 552 Puf 1977
                           (les différents aspects de la police atuelle)

Antoine LEFER :    Histoire de la Police
                          Editions Jacques Granchet - 1982
                          (recueil d'histoires particulières et d'affaires judiciaires)

Henri BUISSON :  La Police. Son histoire.
                          Nouvelles éditions latines
                          (contient de nombreux textes)

Georges CARROT : Le maintien de l'ordre en France depuis la fin de l'Ancien Régime jusqu'à 1968
                            CERP - publié par les presses de l'institut d'études politiques de Toulouse - 1984
                            Deux volumes :
                            I - De 1789 à 1830 (413 pages)
                            II - De 1830 à 1968 (468 pages)

Pierre MIQUEL :    Histoire de France - Editions Fayard 1976

Arlette LEBIGRE : Histoire de la Police.
                          Cours donné à l'Ecole Nationale Supérieure de la Police.
                          Direction du personnel et de la Formation de la Police Nationale. 1985retour au sommaire


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